Recherches : jeunesses, âges de la vie, générations

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folon3 Sociologie comparée des parcours de vie

(Voir aussi : page Academia)

Mes travaux portent sur les évolutions du sort de la jeunesse, des parcours de vie et des inégalités générationnelles au sein des sociétés contemporaines. Ils visent à mieux saisir les effets actuels des politiques publiques sur nos expériences de vie, de l’enfance à la vieillesse, et sur la façon dont s’y articulent les inégalités sociales et genrées au fil des âges. Cette perspective conduit à privilégier une démarche de comparaison internationale, notamment entre les sociétés d’Amérique du nord et d’Europe, et un dispositif comparatif mixant les méthodes, qu’elles soient statistiques, qualitatives ou ethnographiques.

  • Jeunesses

Une grande partie de mes travaux placent la focale sur le sort des jeunes générations et sur les modes actuels d’entrée dans la vie adulte, dans leurs dimensions familiales, sociales et politiques. Mon premier ouvrage « Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe » (Presses Universitaires de France, 2008) s’appuyait sur l’articulation de données statistiques longitudinales et d’entretiens biographiques conduits en Espagne, en France, au Royaume-Uni et au Danemark, pour mettre en lumière la façon dont les politiques publiques régulent les expériences de jeunesse d’un modèle social à l’autre. Je conduis actuellement une recherche comparée sur les mobilisations sociales initiées ces dernières années par la jeunesse au sein des sociétés démocratiques (à Montréal, Madrid, Santiago du Chili, Paris et Hong-Kong), pour mieux repérer les tensions, aspirations et frustrations contemporaines dans la conduite des vies au sein des jeunes générations, et la façon dont y évoluent les perceptions des inégalités d’âge et de générations.

  • Ages de la vie 

Mes recherches se sont progressivement étendues à la question des âges de la vie, avec deux questionnements majeurs : de l’enfance à la vieillesse, comment se structurent aujourd’hui les différents temps de la vie? Quelle est l’empreinte des politiques publiques sur les parcours de vie, et leurs inégalités depuis la crise? J’ai écrit dans cette perspective un manuel de synthèse critique sur le champ des âges et des parcours de vie, Sociologie des âges de la vie, chez Armand Colin en 2015, qui met en valeur les différents modes d’approche des existences -prisme des âges, prisme des parcours, prisme des générations- et leurs apports dans la lecture des trajectoires de vie contemporaines. Je conduis actuellement une recherche sur les expériences de solitude au fil des âges de la vie, qui vise à décloisonner la solitude des seuls âges auxquels elle est fréquemment associée dans le discours public ou scientifique (en particulier les femmes célibataires en cours de vie active ou les personnes âgées isolées) pour en explorer les figures émergentes et moins visibles, qui se déploient aujourd’hui tout au long des parcours de vie, de l’adolescence au grand âge.

  • Inégalités et solidarités entre générations

Enfin, mes travaux visent également à mieux saisir l’évolution actuelle des rapports intergénérationnels, et la façon dont s’articulent aujourd’hui les inégalités sociales et les solidarités familiales entre générations face à la crise. J’ai notamment co-dirigé avec Camille Peugny le numéro spécial « Repenser les inégalités entre générations » de la Revue française de sociologie en 2013 (traduit en anglais). Il s’agit d’identifier les implications familiales et politiques de l’évolution des rapports socio-démographiques entre générations, afin de mieux comprendre, à partir de la façon dont elles interagissent aujourd’hui, comment elles pourront vivre ensemble demain.

 

folon05 Recherches en cours

 

  •  Colères. Education, justice et démocratie au début du 21ème siècle  folonsuite

Enquête comparée sur les mobilisations sociales de jeunesse et les évolutions des parcours de vie depuis la crise (Paris, Madrid, Montréal, Santiago du Chili, Hong-Kong).

 

 

 

 

  • Invisibles solitudes200808_folon

Enquête sur l’expérience de solitude au fil des âges de la vie. Cette recherche a reçu le Prix Senior de le Recherche de la Croix-Rouge / Fondation du Lien Social en avril 2013.

 

 

 

 

  • Mutations des âgesparcoursdevie de la vie

Essai sur les mutations des âges de la vie, de l’enfance à la grande vieillesse, et sur ce qu’en disent les travaux sociologiques contemporains.

 

 

 

michelfolon Quelques contributions en recherche

 

  • Sociologie des âges de la vie, Collection 128, Armand Colin, 128 pages, à paraître en 2015.

Cet ouvrage propose une cartographie actualisée de la sociologie des âges de la vie, à travers ses outils, ses apports, ses perspectives. Son élaboration a reposé sur un parti pris scientifique : rompre avec une conception cloisonnée des âges, afin de donner à lire, de la naissance à la mort, les enjeux et les métamorphoses des parcours de vie contemporains. En effet, ce champ est aujourd’hui segmenté en autant d’âges ciblés -enfance, adolescence, jeunesse, activité, vieillesse…- que de segments d’intervention des politiques publiques. Les travaux visant à embrasser dans un même mouvement les mutations de l’ensemble des âges sont d’obédience plus théorique ; ils se dotent actuellement d’outils conceptuels -des « transitions » aux « biographies » ou aux « bifurcations »-, à même de penser les enjeux émergents des vies contemporaines. C’est tout le sens de l’ouvrage que de faire dialoguer ces multiples approches, et de mettre en lumière leurs interactions réciproques.

  • « Repenser les inégalités entre générations », Numéro spécial de la Revue Française de Sociologie coordonné avec Camille Peugny, décembre 2013.

À partir du milieu des années 1990, de nombreux travaux mettent en évidence les opportunités historiques rencontrées par les premières cohortes du baby-boom et soulignent par comparaison la situation dégradée à laquelle font face les générations suivantes : la thématique des inégalités entre générations occupe alors une place croissante dans la littérature sociologique internationale. Près de deux décennies plus tard, ce numéro propose de faire le point sur l’actualité et la portée de l’analyse en termes d’inégalités intergénérationnelles.Tout en soulignant l’importance des acquis de ces travaux, il appelle à l’ouverture de nouveaux fronts de recherches : penser l’articulation entre plusieurs générations pour sortir de l’opposition entre deux générations ; penser ensemble inégalités inter- et intragénérationnelles ; articuler inégalités sociales et solidarités familiales entre générations ; poser la question d’une éventuelle conscience de génération et de ses manifestations politiques, afin d’enrichir l’analyse de ces inégalités.

  • Enquête transmedia : « Génération quoi ? » ( YamiProductions, France2, Le Monde ) conseillère scientifique, en collaboration avec Camille Peugny, 2013-2014.

L’enquête « Generation… quoi ? » est un projet «transmédia » associant un volet de 3 documentaires de 78 minutes sur les jeunes en France (diffusés sur France2 en novembre 2014), et un vaste questionnaire sur Internet. Outre son apport en termes de résultats académiques, son innovation repose surtout sur ses supports originaux de collecte et de diffusion, associant la réalisation de portraits filmés dans un documentaire, et une enquête en ligne qui a reposé sur un pari participatif, jouant sur des questions simples et directes, ainsi que sur une interface graphique originale avec restitution en instantané des résultats de l’enquête, afin que l’internaute puisse se situer et s’engager plus avant dans le questionnaire (composé de 143 questions). L’enquête a rencontré un succès inespéré pour une enquête en ligne ouverte à tous (plus de 230000 répondants) : associée à un travail d’exploitation et de réflexivité en cours (plusieurs articles sont prévus, en collaboration avec Camille Peugny et Sophie Maillard), elle contribue à interroger plus avant les usages, les apports et les limites de l’utilisation des médias –télévision et Internet- dans les protocoles d’enquête sociologique.

  • Politiques de jeunesse : le grand malentendu, ouvrage collectif coordonné avec Valérie Becquet et Patricia Loncle, Edition Champs social, 2012.

Deviens « autonome », « inséré » et « citoyen » : cet ouvrage décrypte, à travers les trois mots principaux qui les structurent, les relations entre les politiques publiques et la jeunesse au sein de la société française. En effet, ces notions d’autonomie, d’insertion et de citoyenneté délimitent aujourd’hui les politiques de jeunesse, tout autant qu’elles polarisent les débats publics et médiatiques sur les jeunes générations. L’ouvrage se propose de déconstruire ces mots-écran, pour analyser leurs fondements idéologiques et suivre ces politiques dans leur chemin jusqu’aux pratiques. Si la question des rapports entre l’Etat et les jeunes n’est pas nouvelle en sociologie, peu d’analyses se proposent de confronter, par le prisme des mêmes mots, les ressorts du politique et ceux des pratiques. A travers ces trois notions, cet ouvrage invite ainsi à mesurer leurs effets et leur possible décalage avec les besoins sociaux qu’ils sont censés combler.

  • Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe, Presses Universitaires de France, Paris, 2008.

A travers la comparaison des parcours familiaux et professionnels des jeunes adultes au Danemark, au Royaume-Uni, en France et en Espagne, cet ouvrage propose une carte des modes de passage à l’âge adulte en Europe occidentale, et en analyse les principaux fondements politiques, économiques ou culturels. Il s’appuie sur un vaste matériau d’enquêtearticulant analyses statistiques et données qualitatives, issues de l’exploitation des six premières vagues du Panel Européen des Ménages (1993-1999), et complétée de plus de 135 entretiens semi-directifs conduits auprès d’individus âgés de 18 à 30 ans au Danemark, au Royaume-Uni, en France et en Espagne. En croisant les trajectoires collectives au sens individuel qui leur est associé, et en interrogeant le rôle des politiques publiques et des normes sociales sur ces logiques d’expériences, il a contribué à la compréhension des contrastes sociaux dans le « devenir adulte » en Europe occidentale.